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LE RAPPEUR CAMEROUNAIS VALSERO COMPARAÎT DEVANT UN TRIBUNAL MILITAIRE

L’artiste camerounais Valsero doit comparaître devant le tribunal militaire de Yaoundé ce vendredi 6 septembre.

Le rappeur, de son vrai nom Gaston Philippe Abe Abe, est accusé entre autres d’insurrection, d’attroupement, trouble à l’ordre public, de complicité et d’association des malfaiteurs, et encoure la peine de mort.

« Valsero est emprisonné depuis plus de six mois pour avoir simplement assisté à une marche pacifique organisée en signe de protestation contre les résultats des dernières élections au Cameroun », a déclaré à PEN America, Julie Trébault, directrice d’Artists at Risk Connection (ARC).

« Il s’agit d’une tentative ciblée visant à réduire au silence un rappeur de renommée internationale qui s’efforce, à travers sa musique et son activisme, de critiquer le gouvernement et d’inspirer le changement social. »

« Son maintien en détention dans de mauvaises conditions et les accusations exagérées portées contre lui constituent un affront intolérable à la fois pour la liberté artistique et la dignité humaine. Nous exhortons le gouvernement camerounais à abandonner immédiatement les accusations portées contre Valsero et à respecter ses engagements nationaux et internationaux en matière de protection de la liberté d’expression et à garantir aux artistes la liberté de créer sans crainte ».

Les manifestations du 26 janvier à Douala, connues sous le nom de Marches blanches, ont pris fin avec ont été organisées par le Mouvement de la Renaissance camerounaise (MRC), parti d’opposition, à la suite des suspicions généralisées de fraude lors de l’élection présidentielle d’octobre 2018. Maurice Kamto, candidat malheureux de l’élection présidentielle d’octobre, emprisonné lui aussi, devra également comparaître.

Le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a remporté ces élections avec 71 % des voix, contre 14 % pour le chef du MRC, Maurice Kamto.

Valsero a été arrêté le 26 janvier et emmené dans la prison principale de Yaoundé. Kamto et ses alliés Penda Ekoka, Albert Dzongang et Paul Eric Kingue ont été emprisonnés le 28 janvier.

Journal du Cameroun, un site web d’informations, a annoncé que Valsero, Kamto et ses collaborateurs avaient été traduits devant le tribunal militaire le 20 août, mais que l’affaire était reportée à une date ultérieure, dans l’attente d’un verdict rendu par la Haute Cour de Mfoundi. Kamto et ses alliés avaient décidé de contester la compétence du tribunal militaire pour juger des civils en mars 2019.

Laurene Lepeytre, présentatrice à Africa Radio, a déclaré lors de son émission télévisée Tu vas où Fatou le 2 septembre, que Valsero avait été arrêté devant l’Institut français alors qu’il était avec sa fille de sept ans.

« Valsero n’a pas pris part aux manifestations, mais a seulement rencontré les manifestants avant la marche », a déclaré Lepeytre. « Il a prononcé un discours de 10 minutes sur sa campagne Make Sense Not War pour sensibiliser les participants et les forces de sécurité à la non-violence ».

De nombreux artistes tels que Blick Bassy, Patricia Essong, Bobi Wine et Martial Pa’nucci ont décrié l’emprisonnement de Valsero.

« Des gouvernements du monde entier proposent de nouvelles formes de répression contre les musiciens et leur travail », a déclaré le rappeur et activiste congolais Martial Pa’nucci.

« J’exhorte les artistes africains à ne pas être intimidés, mais à continuer à être la voix du peuple, à l’image de Valsero. Les efforts déployés par les activistes pour mettre en lumière des questions importantes et le pouvoir unificateur de la musique restent essentiels pour rallier les cœurs et les esprits à la cause. »

Dans le même temps, Amnesty International a lancé une pétition en ligne en avril 2019 appelant les autorités camerounaises à libérer Valsero et les autres manifestants détenus.

SOURCE: MUSIC IN AFRICA

 

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